Affichage des articles dont le libellé est présidentielle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est présidentielle. Afficher tous les articles

lundi 20 décembre 2010

Qu'on aime Ouattara ou qu'on ne l'aime pas...

Je me suis gardé jusqu'alors d'exprimer clairement mon point de vue sur la crise postélectorale en Cote d'Ivoire. Par prudence certes, parce que j'ai des amis ivoiriens dont j'ignore le positionnement. Mais aussi par dépit. Car comme le disent les magiciens : "On a tout fait, on a parlé, mais vraiment rien n'a changé".

Ces quelques lignes ne sont donc pas pour la Côte d'Ivoire mais pour mon pays, le Togo, et ses enfants les conducteurs.

Voici un homme dont on dit qu'il n'est pas Ivoirien, qui pourtant a été un jour Premier ministre de la République. A la mort de son mentor, il a fait des pieds et des mains pour lui succéder, contrairement aux dispositions constitutionnelles. Ses adversaires ont monté mille et une artifices pour l'empêcher d'être simplement candidat. Cependant, il finit par obtenir de haute lutte le droit d'être électeur et éligible et se présente à l'élection présidentielle de 2010, comme tout citoyen soucieux d'apporter sa pierre à l'édification de sa Nation.

Des qualités, il en a peut-être trop au point qu'on lui prête d'être l'instigateur du coup d'état de 1998 et le financier de la rébellion de 2002. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, Alassane Dramane Ouattara est un leader admirable. Il faut être stupide pour ne pas désirer un tel dirigeant pour son pays.

Pour 2015, je rêve d'un ADO pour le Togo. Un homme aux compétences indiscutables, au parcours politique exemplaire qui a su s'entourer d'une équipe gagnante et qui au final a l'estime de la communauté internationale (id si ita est).

On ne naît pas ADO, on le devient par la ténacité au travail et la persévérance dans la lutte. Amen !

lundi 22 mars 2010

Oui il y a eu des irrégularités, mais il faut se relancer

Un ami m'a demandé hier, si la contestation de l'opposition allait porter du fruit. Entendu que je ne lance pas des cauris, ma réponse a été : je ne sais pas. Néanmoins, je n'ignore pas que de telles contestations ont permis de renverser plusieurs régimes dictatoriaux ou illégitimes. L'exemple le plus proche (en terme spatiotemporel) est bien celui du Niger où des manifestations pacifiques ont eu raison du régime tandjanesque, ou du moins, ont décidé l'armée à intervenir.

Le Niger n'est pas le Togo, me diriez-vous. Et les circonstances qui ont conduit au coup d'Etat ne sont pas les mêmes. Alors que là, un individu a violé la constitution pour se maintenir ; ici, il y a eu une élection qui a vu la reconduction de Faure Gnassingbé, à 60,88%.

Election oui, mais entachée par de nombreuses et graves irrégularités relevées par les missions d'observation sérieuses (Union européenne et Cédéao). Dans ces conditions, les résultats issus d'une pareille consultation doivent-ils être validés ? Je répondrai par oui et par non.

Oui, parce que nous sommes dans un processus d'apprentissage démocratique. Il faut valoriser les petites victoires, quelles qu'elles soient, dans l'espoir qu'elles rapprochent davantage du but. Je crois que c'est l'option choisie par la France et la Commission européenne, qui n'ont pas manqué de rappeler dans leurs messages de félicitations au "président élu" qu'il reste beaucoup à faire.

"L'apaisement des expressions du débat politique au Togo doit être salué, mais il ne saurait masquer l'ampleur des efforts qui restent à accomplir en faveur d'une normalisation de la vie politique et d'un enracinement de la démocratie dans toutes ses dimensions"

In extenso, le message de Sarkozy qu'on n'a plus besoin de commenter.

En revanche, et c'est là, mon antithèse, l'élection du 4 mars n'ayant pas été équitable et n'offrant pas à tous les acteurs les garanties de transparence, on ne devrait pas s'en accommoder au risque d'envoyer un mauvais signal dans tous les sens.

Les bastions dictatoriaux africains auront beau jeu de s'en servir comme argutie pour refréner les mouvements démocratiques. Petit à petit, ça va aller ! Et petit à petit, le peuple sombre dans la lassitude. (Dans un prochain article, je montrerai comment cette philosophie est déterminante dans certains revirements politiques).

Ma synthèse enfin, l'opposition a parfaitement raison de contester les résultats de la présidentielle. Si elle ne le fait pas, elle renonce implicitement aux valeurs qu'elle promeut. Il ne restera qu'à attendre le terrible jugement dernier, politiquement parlant !

Mais il ne faudrait pas se limiter aux manifestations. Cette période post-électorale est propice à la remobilisation des troupes à l'intérieur comme à l'extérieur, allez à la rencontre des populations avec un message clair et efficace, affûtez vos armes pour les combats à venir. Bref, il faut se relancer dans la perspective des législatives de 2012.

mardi 9 mars 2010

Je suis Togolais mais je ne suis pas con

Démantèlement du centre informatique de l'Union des Forces de ChangementUn con est une personne stupide, naïve ou désagréable. Personne n'accepterait de bon cœur qu'on le qualifie ainsi mais à se regarder dans le miroir, certains se reconnaîtront fort bien dans ce terme.

"Oh, que je suis con !" devraient-ils se dire s'ils sont honnêtes avec eux-mêmes.

A supposer que ceux qui sont cons se refusent de reconnaître leur "qualité", ils pourront au moins se poser la question suivante : "de qui suis-je le con ?", selon que l'expression populaire nous apprend qu'"on est toujours le con de quelqu'un".

Depuis la première élection pluraliste de 1998, nos parents ghanéens et nos cousins béninois se demandent toujours s'ils n'ont pas pour voisins des cons. Une causette avec eux sur la démocratie, la bonne gouvernance, les droits de l'homme, les élections et votre visage s'allongera jusqu'à traîner sur le sol (autrement dit, vous serez couverts de honte).

"Qu'est-ce qu'un Togolais peut nous dire sur la démocratie, vous qui vivez sous une monarchie dictatoriale" Je me souviens encore de cette raillerie entendue lors d'une conversation avec des collègues.

Voyez-vous, la présidentielle de 2010 nous a permis de polir notre image de con et même d'en révéler des facettes insoupçonnées. Tout y passe pour défendre le diable. Alors, si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes électoraux possibles, comme l'affirment certains, comment justifier le démantèlement du Centre informatique de l'Union des forces de changement ?

Le site République Togolaise s'y est essayé et c'était tellement gros que mon verdict est sans appel. Encore un con !


Source de l'image : http://icilome.com/nouvelles/news.asp?id=2010&idnews=14713

mercredi 3 mars 2010

J'irai voter

Tiens, pour une fois je n'ai assisté à aucun meeting de campagne. Les temps changent diriez-vous ! Quand on grandit, on s'assagit. On se fixe des priorités (quitte à y déroger parfois !), on réfléchit plusieurs fois avant que d'agir. Hier en fin de campagne, j'ai cherché ma carte d'électeur. Bon, je l'avais pas égarée, disons plutôt que je l'ai sortie, admirée et rangée.

Je réfléchissais sur l'opportunité de voter quand subitement, une tristesse m'envahit. Nous ne devrions pas en être là aujourd'hui si si et si... Puisque les sujets de ces conditions sont tous des Togolais, j'en viens à conclure que nous ne méritons que ce que nous avons. Un peuple n'a que les dirigeants qu'il mérite, dit-on.

Alors, demain j'irai voter pour celui qui me semble avoir le mérite de diriger le Togo durant les cinq prochaines années et celui qui mérite d'être mon Président. Et c'est lui qui va remporter la présidentielle. Plaise à Dieu ! Je ne peux rien dire de plus, n'étant pas un devin.

Devant le tribunal de l'histoire, j'assumerai fièrement mon choix, celui de ne pas m'abstenir alors que résonne quotidiennement le chant de l'abstentionnisme dont les premiers mots sont "les jeux sont déjà faits !" L'Eternel bénisse le Togo.

P.S.: Je salue le courage et le sacrifice de tous ceux qui ont battu campagne. La patrie vous sera reconnaissante.

mardi 2 février 2010

Les lièvres et la tortue

A quoi comparerai-je la présidentielle du 28 février 2010 ? Elle ressemble au défi que se sont lancés le lièvre et la tortue dans la fable. Sauf qu'ici, il n'y en avait pas deux. Plus d'une douzaine au départ, et la nature a fait son œuvre.

Certains étaient cloués sur leur lit, ne pouvant faire le déplacement de Lomé pour se prêter aux formalités, d'autres sont très PPTE (personnes pauvres et très embêtées) qu'ils n'ont pu réunir la caution de 20 millions de francs, d'autres encore ont été disqualifiés pour naissance douteuse...

Enfin, je badine mais c'est la réalité, il ne reste plus que 7 candidats à l'élection présidentielle du 28 février prochain. Mon petit doigt me dit qu'avant le jour du scrutin, il y aura des désistements en faveur de l'un ou de l'autre candidat. Comme certains, je rêve d'une candidature unique de l'opposition. E pur si muove !

Ne vous méprenez pas, Madame et Messieurs, rien ne sert de courir, il faut partir à point. Entre le 1er et le 2 mars, on verra qui aura fait sienne la morale et le premier atteindra le but. Bon vent à vous !

vendredi 22 janvier 2010

Clameur de haro

20 janvier : Faure Gnassingbé était à Anfoin et à Afagnan dans le sud-est du Togo. Le site gouvernemental rend compte cette visite et affirme même qu'il est originaire d'Afagnan (il a vu le jour dans un hôpital du bled mais en fait il est un natif de Pya, n'est-ce pas bien la double nationalité ?).

Mobilisation générale comme à l'accoutumée : autorités administratives, policières, chefs traditionnels, artistes de la chanson, etc. Bref un condensé de toutes les forces vives des localités visitées sont sorties massivement pour accueillir l'illustre hôte.

Le plus surprenant et que j'ai vu de mes propres yeux, ce sont ces notabilités d'Aného qui n'ont pas voulu se faire conter l'événement d'Anfoin (ça fait beaucoup déjà pour ces Anéchochéens !). En tout cas, elles sont responsables de leur choix politique. Passons !

Nul ne peut nier que ces déplacements tous azimuts de Faure G. s'inscrivent dans sa (pré)campagne pour la présidentielle de cette année. Donc celui que les "populations" d'Anfoin et d'Afagnan ont reçu, ce n'est pas le Président de la République mais bien le candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT).

Et c'est là où le bât blesse. Manifestement, il y a manque d'équité en ce qu'un candidat à l'élection - fut-il président sortant - se permet d'utiliser des moyens de l'Etat à son propre compte. En langage juridique, cela s'appelle abus de biens sociaux et devrait donner lieu à une saisine.

Gageons qu'il ne sera pas inquiété par la justice encore moins par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Ainsi va le pays et on est dedans !