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samedi 29 mai 2010

Je me refuse d'applaudir

Ce matin, j'ai eu une franche discussion avec mon frère jumeau. Il pense que le vieux Gilchrist a rendu un grand service à l'UFC en signant un accord politique avec le RPT. D'explications en explications, il a fini par me convaincre d'une chose : même si cet accord échoue, il aura le mérite d'avoir existé et chacun tirera les leçons qui s'imposent de cette alliance "contre-nature".

Tout ceci me renvoie aux manifestations contre la réélection de Faure. Quelle est leur finalité ? Personne ne saurait le dire. Néanmoins, j'ai cru comprendre que ce mouvement vise à obtenir du pouvoir un dialogue politique. Si c'en est, pourquoi ne pas avoir saisi l'opportunité offerte par la formation du gouvernement pour susciter ce dialogue ? Tiens j'oubliais, on ne négocie pas avec un président illégitime.

Franchement, j'aurais apprécié que Fabre, Patrick Lawson, Isabelle Améganvi, bref tout le Bureau national oblige Gilchrist à les associer à toute négociation avec le pouvoir. Et les 7 envoyés au gouvernement devraient être désignés consensuellement par le Bureau national. La conséquence immédiate : les marches prendront fin au motif d'avoir trouvé un accord de partage du pouvoir avec le RPT. Une petite honte vaut mieux qu'une grande, comme on dit en mina.

Le danger qui se pointe à l'horizon : en suspendant Gilchrist (je me refuse d'applaudir!) et les 7 de l'UFC, le Bureau national pose un acte grave qui pourrait se retourner contre lui. Primo, la cohésion du parti est irréversiblement remise en cause. Secundo, les 7 auront beau jeu de dire en 2015, sous l'effet des privilèges, nous soutenons dorénavant Faure et non le RPT (sornette déjà entendu). Pour le Togo, ce sera un retour à la case départ. Et ça je ne le souhaite vraiment pas.

mercredi 17 février 2010

Pour la beauté du jeu !

Hier soir, je tombe par hasard sur une émission interactive en langue de la radio Nana FM dont l'invité était Me Isabelle Améganvi, député et vice-président de l'UFC. L'honorable Isabelle se livrait à une explication de texte des dernières décisions politiques prises par l'UFC relativement au processus électoral en cours. Et surtout, elle donnait la réplique à Me Jean-Claude Homawoo, conseiller de l'UFC et vice-président de la Céni qui était passé la veille dans la même émission.

Pour la petite histoire, Me Homawoo a refusé de se retirer de la Céni alors que le lui demandaient les instances de son parti. Un refus qui avait tout l'air d'une rébellion. Le parti lui a retiré son mandat, en attendant qu'il passe devant une Commission de discipline. 100% d'accord !

Parenthèse fermée
L'un des auditeurs du jour et qui a appelé pour réagir comme d'autres était M. Bodjona. C'est moi le Ministre de l'Administration territoriale, s'est-il introduit lui-même avant de saluer les interventions de Me Améganvi. Il se réjouissait de ce que l'honorable Isabelle a refusé de donner du crédit à des rumeurs sur une intervention supposée de lui Bodjona lors du dépôt de la candidature de G. Olympio.

"Moi, mon candidat c'est Faure et je ne mêle pas des affaires de candidature dans les autres partis. C'est la Céni qui réceptionne les candidatures et ce n'est pas le travail du Ministre de l'Administration territoriale" a-t-il lâché en substance avant de s'appesantir sur quelques griefs évoqués par l'UFC pour justifier son retrait du processus électoral.

Sur le gonflement des listes électorales et l'inscription des mineurs, il m'apprend que le Code électoral offre la possibilité à tout citoyen de contester l'inscription de telle ou telle autre personne et de déposer un recours en invalidation devant la justice. Dans l'entendement de Bodjona, si l'UFC a des preuves de ses allégations, il devrait utiliser ce recours.

Je sais que la justice togolaise est ce qu'elle est. Mais quand on accepte de participer à un match, on doit aussi se soumettre aux règles. Et c'est ce qui fait la beauté du jeu. En Côte d'Ivoire (comparaison n'est pas raison), le parti Gbagbo s'est jusqu'alors appuyé sur cette possibilité offerte par le Code électoral pour invalider l'inscription de certains électeurs.

Sans soutenir dans le fond la démarche du FPI, je crois que l'UFC devrait s'en inspirer, constituer un collectif d'avocats qui se chargeront de débusquer les inscriptions frauduleuses. Concomittamment, il devrait se résoudre à rejoindre le processus tout comme le CAR et la CDPA l'ont fait suite à la satisfaction partielle de certaines exigences sur l'authentification des bulletins, le vote par procuration et le vote par anticipation des forces de l'ordre. Sauf erreur d'appréciation, l'UFC a une chance d'éviter que la petite honte ne devienne une grande.

P.S. : Au cours de la même émission, un auditeur a ouvertement demandé l'exclusion de G. Olympio de l'UFC. Un autre a appelé les membres du Bureau Politique de l'UFC a créé un nouveau parti, l'Union des Forces Démocratiques. Je me suis gratté la tête à ne pas en finir. Hum, les temps changent !